|
Foi et savoir(s) à l’époque médiévale. Pour d’autres
« lumières » ?
Ce cycle de conférences et de débats s'inscrit dans le cadre du Projet
Pluri Formations, consacré aux recherches sur le fait religieux, de l'Université Marc Bloch de Strasbourg et de
l'équipe d'accueil de philosophie de l'Université Marc Bloch.
Projet scientifique :
Il s’agit d’interroger la
tension perpétuelle entre savoir et foi en ancrant notre réflexion dans une
période précise : la pensée médiévale du XIIe au XVe siècle, découvrant, à
partir des traducteurs arabes de la philosophie grecque, une « autre »
raison, une autre structure de pensée venant éprouver – au sens également de
mettre à l’épreuve – la croyance monothéiste de l’intérieur même de ses
fondements. C’est dans la confrontation entre les traditions monothéistes et la
philosophie grecque que va naître la rationalité médiévale, coulant les mots
grecs dans la langue religieuse : du grec à l’arabe, au latin, à l’hébreu. Mais
comment comprendre cette traduction ? S’agit-il d’une traduction d’idiome à
idiome ? Ou au contraire n’indique-t-elle pas la nécessité de traduire un
intraductible, comme source de toute langue, à partir de la langue ou
rationalité grecque ? Il sera indispensable de partir d’une distinction de
strates de lectures du religieux (quitte à interroger voire à critiquer cette
hypothèse) : le religieux comme fait religieux ou expérience religieuse (qu’il
s’agira de spécifier), la pensée religieuse comme interprétation des textes
sacrés et la philosophie religieuse (juive, chrétienne, musulmane).Chaque strate
pourra être lue à son niveau propre mais en regard des autres. Quel réseau de
correspondances pouvons-nous construire entre ces différents aspects du
religieux ? Plus précisément, par la découverte de la rationalité grecque, la
tâche du philosophe médiéval n’est-elle pas de refonder ce réseau de
correspondances entre vérité de la raison et vérité de la foi, de refonder les
codes de la foi à partir d’un travail où philosophe, religieux et traducteur
sont le plus souvent une seule et même personne. Mais comment comprendre ces
points de rencontre ou de tangence entre foi et raison ? Ces
« lumières » médiévales ne sont-elles que parcellaires ? Et si tel est
le cas quel serait le champ du savoir s’il est entouré d’obscurités
?
Déroulement
:
Ce cycle de conférences et de débats s’articule
autour d’un séminaire mensuel où chaque question, chaque thème sera étudié et
approfondi non pas par l'étude particulière de tel ou tel monothéisme,
de telle ou telle croyance mais à partir de la confrontation de ces croyances ou
de recherches spécifiques, mêlant les voix de philosophes, de théologiens et de
sociologues. Le séminaire s’achèvera, en fin de chaque année, sur une journée
d’études comme bilan et relance du questionnement. L’ensemble sera l’objet
de publications annuelles.
Thème de l'année 2007-2008 : Interprétation et allégorie à
l'époque médiévale.
Thème de l'année 2007 : Construction politique – attente messianique à l’époque
médiévale.
<Haut de page>
|